Trousse de secours randonnée : le strict minimum qui peut vraiment vous sortir d’un sale moment
Une trousse de secours bien pensée ne pèse pas lourd, ne coûte presque rien, et peut transformer une journée pourrie en simple anecdote. Voici ce qu'il faut vraiment emporter, comment s'en servir, et les erreurs qui coûtent cher.
Vous êtes à trois heures de marche du parking, l’ampoule au talon commence à brûler sérieusement, et vous réalisez que votre trousse de secours se résume à deux pansements publicitaires ramassés dans un salon outdoor. Ou alors vous avez une trousse complète de 800 grammes, mais vous ne savez pas vraiment quoi faire avec la moitié du contenu. Entre l’insouciance et la paranoïa, il existe un équilibre rationnel : une trousse légère, cohérente, utilisable sans formation médicale poussée, et pensée pour les vrais problèmes de terrain.
Ce guide ne vous transformera pas en secouriste diplômé. Il vous donne les bases pour gérer les bobos fréquents, stabiliser une situation qui dégénère, et appeler les secours intelligemment quand c’est nécessaire. Pas de remplissage, pas de gadgets rassurants mais inutiles. Juste ce qui marche, testé sur des centaines de sorties, avec les arbitrages qui changent selon la durée, la saison, l’isolement et votre niveau d’expérience.
En bref
- Une trousse de secours randonnée efficace pèse entre 120 et 250 grammes selon la durée et l’isolement
- Priorité absolue : ampoules, plaies, entorse, hypothermie, capacité à appeler le 112
- Savoir utiliser chaque élément vaut mieux qu’une trousse complète jamais ouverte
- Adapter le contenu selon la saison, la durée, le groupe et la distance aux secours
Pourquoi la plupart des trousses de secours randonnée sont mal pensées
Les kits préfabriqués vendus en magasin contiennent souvent trop de choses inutiles et pas assez de ce qui compte vraiment. Vous vous retrouvez avec trois types de compresses différentes, un ciseau ridicule, une couverture de survie en papier alu qui se déchire au premier pli, et un seul pansement hydrocolloïde pour les ampoules. Le problème n’est pas la quantité, c’est la cohérence avec les risques réels.
Sur le terrain, les incidents fréquents sont prévisibles : ampoules, coupures superficielles, éraflures, petites brûlures au réchaud, entorse légère à modérée, coup de soleil, piqûre d’insecte, mal de tête, début d’hypothermie. Les situations graves — fracture ouverte, traumatisme crânien, arrêt cardiaque — nécessitent une évacuation médicalisée, pas une trousse de secours. Votre job, c’est de stabiliser, protéger, et appeler les secours si besoin. Pas de jouer au médecin de brousse.
Une trousse bien pensée répond à trois questions simples : qu’est-ce qui arrive souvent ? Qu’est-ce qui peut dégénérer vite si on ne fait rien ? Qu’est-ce que je sais vraiment utiliser ?
Les cinq priorités absolues d’une trousse de secours randonnée
1. Traiter et prévenir les ampoules
Les ampoules sont la première cause d’abandon en randonnée. Elles apparaissent vite, font mal, s’infectent facilement si mal gérées, et transforment une belle journée en calvaire. Avoir de quoi traiter une ampoule avant qu’elle ne se forme est plus important que n’importe quel autre élément de votre trousse.
Le minimum absolu : des pansements hydrocolloïdes (type Compeed ou équivalent générique) en plusieurs tailles, et du ruban adhésif microporeux ou du tape de sport pour protéger les zones de frottement dès les premiers signes d’échauffement. Les pansements hydrocolloïdes coûtent cher, mais ils tiennent plusieurs jours, absorbent l’exsudat, protègent la plaie, et permettent de continuer à marcher. Un pansement classique sur une ampoule ouverte, c’est l’infection garantie en 24 heures.
Si vous voulez aller plus loin, ajoutez une petite aiguille stérile et un désinfectant pour percer une ampoule proprement en cas d’urgence. Mais percer une ampoule n’est jamais le premier réflexe : si elle est petite et que vous pouvez la protéger sans la crever, c’est toujours mieux. Pour approfondir la prévention en amont, lisez notre guide complet sur comment éviter les ampoules en randonnée.
2. Nettoyer et protéger les plaies
Coupure au couteau en préparant le repas, éraflure sur un rocher, branche qui entaille le mollet : les plaies superficielles sont courantes. Le risque, c’est l’infection, surtout en bivouac ou sur plusieurs jours. Votre trousse doit permettre de nettoyer, désinfecter, et protéger une plaie correctement.
Le strict minimum : compresses stériles (10×10 cm minimum, pas les mini carrés ridicules), désinfectant en dosettes ou petit flacon (Bétadine, chlorhexidine, ou sérum physiologique pour rincer), pansements adhésifs de différentes tailles, et du ruban adhésif médical pour maintenir une compresse sur une zone difficile. Une plaie mal nettoyée en montagne, c’est une infection qui démarre dans les 12 à 24 heures.
Évitez les pansements imperméables en randonnée : ils macèrent, favorisent l’infection, et se décollent dès que vous transpirez. Préférez les pansements respirants, et changez-les régulièrement. Si la plaie est profonde, saigne abondamment, ou montre des signes d’infection (chaleur, rougeur, pus), il faut redescendre et consulter.
3. Stabiliser une entorse ou une foulure
Une entorse de cheville, ça arrive vite : un appui mal placé, un caillou qui roule, une racine cachée. En terrain isolé, une entorse modérée peut vous immobiliser si vous n’avez rien pour la stabiliser. Une bande élastique cohésive (type Coheban ou Vetrap) pèse 50 grammes et peut sauver votre sortie.
Ces bandes s’auto-agrippent, se posent facilement même seul, maintiennent l’articulation sans couper la circulation, et permettent de continuer à marcher en limitant la douleur et le gonflement. Elles servent aussi à maintenir une compresse, immobiliser un doigt, ou comprimer une contusion. Une bande de 7 cm de large sur 3 mètres suffit pour la plupart des situations.
En complément, un anti-inflammatoire oral (ibuprofène 400 mg) et un antalgique (paracétamol) permettent de gérer la douleur sur le retour. Attention : l’ibuprofène est contre-indiqué en cas de déshydratation, de problème rénal, ou d’effort intense prolongé. Si vous n’êtes pas sûr, restez sur le paracétamol.
4. Gérer les petits problèmes qui dégénèrent
Mal de tête, diarrhée, piqûre d’insecte qui enfle, début d’hypothermie, coup de soleil sévère : ce ne sont pas des urgences vitales, mais ils peuvent pourrir une sortie ou forcer un abandon. Quelques éléments légers permettent de gérer ces situations sans paniquer.
- Antalgiques et anti-inflammatoires : paracétamol 1000 mg et ibuprofène 400 mg en dosettes individuelles, pas de boîtes entières
- Antihistaminique oral : en cas de piqûre d’insecte qui enfle ou de réaction allergique légère (cétirizine ou équivalent)
- Anti-diarrhéique : lopéramide en dosettes, uniquement pour les situations d’urgence où il faut tenir quelques heures
- Pince à épiler fine : pour retirer une écharde, une épine, ou une tique proprement
- Couverture de survie de qualité : pas le truc en alu à 2 euros, mais un modèle réutilisable, épais, qui isole vraiment en cas d’hypothermie ou de choc
Ces éléments pèsent peu, prennent peu de place, et couvrent 90 % des petits problèmes qui peuvent dégénérer si on ne fait rien.
5. Pouvoir appeler les secours efficacement
Votre trousse de secours ne sert à rien si vous ne pouvez pas appeler le 112 en cas de problème grave. Un téléphone chargé, protégé, et avec du réseau est votre premier outil de sécurité. Mais le réseau ne passe pas partout, et un téléphone mouillé ou déchargé ne sert à rien.
Le minimum : téléphone dans une pochette étanche, batterie externe chargée, et connaissance des zones de couverture réseau sur votre itinéraire. Si vous partez en montagne isolée, prévoyez une balise de détresse type PLB ou un abonnement satellite (Garmin inReach, Spot). En cas d’appel au 112, donnez votre position GPS précise, décrivez la situation calmement, et suivez les consignes. Ne raccrochez pas tant qu’on ne vous l’a pas demandé.
Complément utile : une fiche d’urgence plastifiée avec les numéros de secours, votre groupe sanguin, vos allergies éventuelles, et les coordonnées d’un contact. Ça pèse 5 grammes, et ça peut faire gagner un temps précieux aux secours.
Contenu détaillé d’une trousse de secours randonnée : trois niveaux selon la durée et l’isolement

Niveau 1 : sortie à la journée, proche des secours (120-150 g)
Pour une randonnée de quelques heures, proche d’une route ou d’un refuge, vous pouvez vous permettre une trousse minimaliste. L’objectif : gérer les bobos fréquents et tenir jusqu’au retour.
- 3 à 4 pansements hydrocolloïdes (ampoules)
- 5 compresses stériles 10×10 cm
- 5 pansements adhésifs assortis
- 1 rouleau de ruban adhésif microporeux 2,5 cm
- 1 bande élastique cohésive 7 cm x 3 m
- 1 petit flacon de désinfectant 50 ml ou 5 dosettes
- 4 dosettes paracétamol 1000 mg
- 2 dosettes ibuprofène 400 mg
- 1 pince à épiler
- 1 couverture de survie réutilisable
- Téléphone chargé + numéros d’urgence
Total : environ 120 à 150 grammes selon les marques. Ça tient dans une pochette de ceinture ou un coin du sac.
Niveau 2 : randonnée sur 2-3 jours, autonomie partielle (180-220 g)
Sur plusieurs jours, les risques augmentent : ampoules multiples, plaies qui s’infectent, fatigue qui favorise les entorses, petits problèmes digestifs. La trousse doit permettre de gérer ces situations sans redescendre immédiatement.
- 6 à 8 pansements hydrocolloïdes (plusieurs tailles)
- 10 compresses stériles 10×10 cm
- 10 pansements adhésifs assortis
- 1 rouleau de ruban adhésif microporeux 5 cm
- 2 bandes élastiques cohésives 7 cm x 3 m
- 1 flacon de désinfectant 100 ml
- 1 tube de crème antiseptique (type Biafine ou équivalent pour brûlures/coups de soleil)
- 6 dosettes paracétamol 1000 mg
- 4 dosettes ibuprofène 400 mg
- 2 dosettes antihistaminique oral
- 2 dosettes anti-diarrhéique
- 1 pince à épiler fine
- 1 petite paire de ciseaux à bouts ronds
- 1 couverture de survie réutilisable
- 1 aiguille stérile sous blister (pour percer une ampoule si nécessaire)
- Téléphone + batterie externe + fiche d’urgence plastifiée
Total : environ 180 à 220 grammes. Ça reste léger, mais vous avez de quoi gérer une situation qui dure.
Niveau 3 : trek longue durée, isolement fort (250-300 g)
En trek autonome de plusieurs jours, loin de tout, avec un groupe, la trousse doit être plus complète. Vous ne pouvez pas compter sur une évacuation rapide, et certains problèmes doivent être gérés sur place.
- 10 pansements hydrocolloïdes (plusieurs tailles)
- 15 compresses stériles 10×10 cm
- 15 pansements adhésifs assortis
- 1 rouleau de ruban adhésif microporeux 5 cm
- 1 rouleau de tape de sport 2,5 cm (prévention ampoules)
- 3 bandes élastiques cohésives 7 cm x 3 m
- 1 flacon de désinfectant 100 ml
- 1 tube de crème antiseptique
- 1 tube de crème solaire haute protection (si altitude/neige)
- 8 dosettes paracétamol 1000 mg
- 6 dosettes ibuprofène 400 mg
- 4 dosettes antihistaminique oral
- 4 dosettes anti-diarrhéique
- 1 pince à épiler fine
- 1 paire de ciseaux à bouts ronds
- 1 pince à tiques (si zone à risque)
- 2 aiguilles stériles sous blister
- 1 couverture de survie réutilisable (ou deux si groupe)
- 1 kit de suture adhésive (Steri-Strip) pour plaie profonde en attente d’évacuation
- Téléphone + batterie externe + balise de détresse type PLB + fiche d’urgence plastifiée
Total : environ 250 à 300 grammes. C’est lourd, mais c’est le prix de l’autonomie réelle en terrain isolé. Si vous partez en groupe, vous pouvez mutualiser certains éléments (couverture de survie, désinfectant, ciseaux).
Les erreurs fréquentes qui coûtent cher
Même avec une trousse bien pensée, certaines erreurs reviennent sans cesse. Voici celles qui posent le plus de problèmes sur le terrain.
Erreur 1 : ne jamais ouvrir sa trousse avant le jour J
Une trousse que vous n’avez jamais ouverte est inutile en situation de stress. Vous ne savez pas où sont les éléments, vous ne savez pas comment poser une bande cohésive, vous ne savez pas si votre désinfectant a coulé dans le sac. Prenez 10 minutes chez vous pour vider la trousse, vérifier chaque élément, et simuler un geste simple (poser un pansement hydrocolloïde, bander une cheville). Ça paraît bête, mais ça change tout en situation réelle.
Erreur 2 : sous-estimer les ampoules
Beaucoup de randonneurs partent avec une trousse complète mais un seul pansement hydrocolloïde. Résultat : première ampoule au talon à 10 km, pansement utilisé, deuxième ampoule à 15 km, et retour en souffrance avec des pansements classiques qui ne tiennent pas. Les ampoules sont le problème numéro un en randonnée, et vous devez avoir de quoi en traiter plusieurs. Prévoyez large, surtout sur plusieurs jours ou avec des chaussures neuves.
Erreur 3 : négliger l’hygiène des mains avant un soin
Poser un pansement sur une plaie avec des mains sales, c’est introduire des bactéries directement dans la blessure. En randonnée, vous n’avez pas toujours de l’eau propre sous la main. Emportez des lingettes désinfectantes ou du gel hydroalcoolique en dosettes, et nettoyez-vous les mains avant de toucher une plaie, même petite. Ça pèse 10 grammes et ça divise le risque d’infection par dix.
Erreur 4 : prendre des médicaments sans connaître les contre-indications
L’ibuprofène est un anti-inflammatoire efficace, mais il est contre-indiqué en cas de déshydratation, d’effort intense prolongé, de problème rénal, ou de prise d’anticoagulants. Le prendre sans réfléchir en plein trek peut aggraver une déshydratation ou provoquer des complications. Si vous ne connaissez pas les contre-indications d’un médicament, ne le mettez pas dans votre trousse. Restez sur le paracétamol, qui est bien toléré dans la plupart des situations.
Erreur 5 : ne pas adapter la trousse à la saison et au terrain
Une trousse pour une randonnée estivale en moyenne montagne n’est pas la même qu’une trousse pour un trek hivernal en autonomie. En hiver, ajoutez de quoi gérer l’hypothermie (couverture de survie de qualité, chaufferettes chimiques, vêtements de rechange dans un sac étanche). En été, renforcez la protection solaire et les antihistaminiques (insectes, allergies). En terrain rocheux ou technique, ajoutez du matériel pour les plaies (compresses, désinfectant). Une trousse figée est une trousse inefficace.
Comment utiliser votre trousse de secours : les gestes prioritaires

Avoir une trousse, c’est bien. Savoir s’en servir, c’est mieux. Voici les gestes de base pour les situations les plus fréquentes.
Traiter une ampoule naissante
- Dès que vous sentez un échauffement, arrêtez-vous immédiatement. Ne continuez pas en espérant que ça passe.
- Retirez la chaussure et la chaussette, séchez bien la zone.
- Si la peau est rouge mais intacte, collez un pansement hydrocolloïde ou du tape de sport pour protéger la zone.
- Si l’ampoule est déjà formée mais fermée, collez un pansement hydrocolloïde par-dessus sans la percer. Ça va absorber le liquide et protéger la peau.
- Si l’ampoule est ouverte ou très volumineuse et que vous devez absolument continuer, percez-la proprement avec une aiguille stérile, désinfectez, et collez un pansement hydrocolloïde. Mais percer une ampoule augmente le risque d’infection, donc c’est un dernier recours.
Nettoyer et protéger une plaie superficielle
- Nettoyez-vous les mains avec du gel hydroalcoolique ou une lingette désinfectante.
- Rincez la plaie à l’eau propre (ou sérum physiologique) pour enlever les saletés visibles.
- Désinfectez avec un antiseptique (Bétadine, chlorhexidine), en tamponnant sans frotter.
- Laissez sécher quelques secondes.
- Couvrez avec une compresse stérile maintenue par un pansement adhésif ou du ruban médical.
- Changez le pansement au moins une fois par jour, et surveillez les signes d’infection (rougeur, chaleur, pus, douleur qui augmente).
Stabiliser une entorse de cheville
- Arrêtez-vous immédiatement, retirez la chaussure si possible (attention, le pied va gonfler vite).
- Appliquez du froid si vous en avez (gourde d’eau froide, neige, ruisseau), pendant 15 à 20 minutes.
- Bandage avec une bande élastique cohésive : commencez par le pied, remontez en 8 autour de la cheville, serrez modérément (vous devez sentir un maintien, pas une compression qui coupe la circulation).
- Surélevez le pied si possible, et attendez 15 à 30 minutes avant de tester l’appui.
- Si la douleur est supportable et que vous pouvez marcher avec la bande, redescendez doucement. Si la douleur est intense, le pied ne supporte aucun appui, ou la cheville est très gonflée, appelez les secours.
Appeler le 112 efficacement
En cas de problème grave (fracture, traumatisme crânien, douleur thoracique, perte de connaissance, hypothermie sévère, saignement important), appelez le 112 sans hésiter. Voici comment maximiser vos chances d’être secouru rapidement :
- Montez en altitude ou cherchez un point haut pour capter du réseau si vous n’en avez pas.
- Donnez votre position GPS précise (latitude/longitude ou coordonnées UTM si vous savez lire une carte). Si vous n’avez pas de GPS, décrivez les repères visibles (sommet, refuge, lac, route).
- Décrivez la situation calmement : nombre de personnes, nature de la blessure, état de la victime, météo, équipement disponible.
- Ne raccrochez pas tant qu’on ne vous l’a pas demandé. Les secours peuvent avoir besoin de précisions.
- Restez sur place sauf si vous êtes en danger immédiat (avalanche, orage, chute de pierres). Bouger complique les recherches.
Si vous n’avez pas de réseau et que la situation est grave, envoyez quelqu’un chercher du réseau ou des secours pendant que vous restez avec la victime. Ne laissez jamais une personne blessée seule sauf si vous n’avez vraiment pas le choix.
Matériel utile pour ce guide
Cette section présente des types de produits et des critères de choix pour constituer une trousse de secours randonnée cohérente. Aucun lien commercial n’est inclus pour le moment. Si des recommandations d’achat sont ajoutées plus tard, ce sera uniquement si elles apportent une vraie valeur terrain, sans promesse d’achat ni affiliation agressive.
Option légère (sortie à la journée, budget serré)
Pour une trousse minimaliste efficace, privilégiez les éléments génériques de pharmacie plutôt que les kits préfabriqués. Cherchez des pansements hydrocolloïdes en marque distributeur (Carrefour, Leclerc), une bande cohésive vétérinaire (Vetrap, beaucoup moins chère que les versions humaines), des compresses stériles en boîte de 100 (divisez-les dans un sachet zip), et un petit flacon de Bétadine ou chlorhexidine. Total : environ 15 à 20 euros pour une trousse complète. Rangez le tout dans une pochette étanche légère (type sachet zip double ou pochette Aloksak).
Option confort (trek plusieurs jours, groupe, isolement)
Pour une trousse plus complète, investissez dans des pansements hydrocolloïdes de qualité (Compeed, Urgo), plusieurs bandes cohésives, une vraie couverture de survie réutilisable (type SOL Emergency Blanket, beaucoup plus résistante que les versions jetables), et une pochette de rangement rigide qui protège le contenu des chocs et de l’humidité (type Ortlieb First-Aid Kit ou pochette étanche à fermeture rigide). Ajoutez une petite trousse de médicaments avec notice, et une fiche d’urgence plastifiée. Total : environ 50 à 70 euros. Ça reste raisonnable pour du matériel fiable qui dure plusieurs années.
Option budget maîtrisé (DIY intelligent)
Si vous voulez optimiser le rapport qualité/prix, constituez votre trousse vous-même en achetant les éléments à l’unité en pharmacie ou en ligne. Les pansements hydrocolloïdes génériques coûtent trois fois moins cher que les Compeed, les bandes cohésives vétérinaires sont identiques aux versions humaines, les compresses et désinfectants en gros conditionnement sont beaucoup plus économiques. Rangez le tout dans une pochette zip double épaisseur (étanche, légère, gratuite). Seul inconvénient : vous devez faire l’effort de lister, acheter, et organiser chaque élément. Mais vous pouvez constituer une trousse complète pour 10 à 15 euros.
Adapter votre trousse de secours selon le contexte

Une trousse de secours n’est jamais figée. Elle doit évoluer selon la durée de la sortie, la saison, le terrain, votre niveau d’expérience, et la composition du groupe.
Randonnée hivernale
En hiver, le froid augmente les risques d’hypothermie, de gelures, et de chutes sur terrain glissant. Renforcez votre trousse avec une couverture de survie de qualité, des chaufferettes chimiques mains/pieds (pour réchauffer une personne en hypothermie légère), et des vêtements de rechange secs dans un sac étanche. Si vous partez en randonnée hivernale sans raquettes, le risque de chute sur neige dure ou glace augmente : prévoyez plus de compresses et de bandes pour les contusions et entorses.
Randonnée avec enfants
Les enfants se blessent plus souvent (chutes, éraflures), se plaignent plus vite, et ont besoin de doses adaptées pour les médicaments. Ajoutez des pansements rigolos (ça aide vraiment), du paracétamol en dosette enfant (selon l’âge et le poids), et une petite dose de patience. Les enfants paniquent facilement face à une blessure : restez calme, expliquez ce que vous faites, et transformez le soin en moment rassurant.
Randonnée en groupe
En groupe, mutualisez certains éléments lourds (couverture de survie, désinfectant, ciseaux, médicaments), mais chacun doit avoir ses propres pansements hydrocolloïdes et de quoi gérer une ampoule sans dépendre des autres. Désignez une personne responsable de la trousse commune, et assurez-vous que tout le monde sait où elle est rangée.
Trek en autonomie longue durée
Sur un trek de plusieurs semaines, la trousse doit être pensée pour durer. Emportez des quantités suffisantes (pansements, compresses, médicaments), vérifiez les dates de péremption, et prévoyez un réapprovisionnement si possible en cours de route. Ajoutez un petit carnet avec les doses et contre-indications des médicaments, et une fiche de suivi des soins (utile si quelqu’un doit être évacué).
FAQ : questions fréquentes sur la trousse de secours randonnée
Faut-il une formation de secourisme pour utiliser une trousse de secours en randonnée ?
Non, mais c’est fortement recommandé. Une formation PSC1 (Prévention et Secours Civiques de niveau 1) vous apprend les gestes de base : position latérale de sécurité, compression d’une plaie qui saigne, immobilisation d’une fracture, appel aux secours. Ça dure une journée, ça coûte 60 à 80 euros, et ça peut sauver une vie. Même sans formation, vous pouvez utiliser une trousse pour les gestes simples (ampoule, plaie superficielle, entorse légère). Mais en cas de situation grave, appelez les secours plutôt que d’improviser.
Combien de temps se conserve une trousse de secours ?
Les compresses, bandes, et pansements se conservent plusieurs années s’ils restent dans leur emballage stérile et au sec. Les médicaments ont une date de péremption à respecter (généralement 2 à 3 ans). Vérifiez votre trousse au moins une fois par an, remplacez les éléments périmés ou endommagés, et testez les fermetures des pochettes étanches. Une trousse mal entretenue est inutile le jour où vous en avez besoin.
Peut-on partager sa trousse de secours en groupe ?
Oui, mais avec des limites. Vous pouvez mutualiser les éléments lourds ou volumineux (couverture de survie, désinfectant, ciseaux, médicaments en gros conditionnement). Mais chacun doit avoir ses propres pansements hydrocolloïdes et de quoi gérer une ampoule. Les ampoules arrivent souvent à plusieurs personnes en même temps, et vous ne pouvez pas compter sur la trousse d’un autre qui est peut-être loin devant ou derrière vous sur le sentier.
Conclusion : une trousse de secours, c’est une assurance légère qui ne sert pas souvent, mais qui change tout quand elle sert
Une trousse de secours bien pensée pèse entre 120 et 250 grammes, coûte entre 15 et 70 euros, et peut transformer une situation pourrie en simple anecdote. Elle ne vous transformera pas en médecin de brousse, mais elle vous donne les moyens de gérer les bobos fréquents, de stabiliser une situation qui dégénère, et d’appeler les secours intelligemment quand c’est nécessaire.
Le strict minimum qui fonctionne vraiment : de quoi traiter les ampoules, nettoyer une plaie, stabiliser une entorse, gérer les petits problèmes qui dégénèrent, et appeler le 112 efficacement. Tout le reste, c’est du confort ou de la paranoïa, selon votre niveau d’expérience et votre tolérance au risque.
Prenez le temps de constituer votre trousse, de la tester chez vous, et de l’adapter à vos sorties. Et si vous voulez renforcer votre autonomie terrain, lisez notre guide sur comment lire une carte topographique et s’orienter en randonnée : savoir où vous êtes et comment en sortir est aussi important que savoir vous soigner.